Les plus vieux restaurants du monde

20-04-2017  - 
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vieux resto fetch

Quand on va au resto, que ce soit avec la famille, les potes ou avec ton copain/ta copine, on ne se prend pas la tête. L’important, c’est de bien manger. Au fond, on s’en fiche un peu du resto dans lequel on est : son histoire, ses particularités, s’il est vieux ou non. Ce qui nous intéresse, c’est ce qu’il y a dans notre assiette.

Donc aujourd’hui, sur le blog Fetch, nous avons envie de faire un peu d’histoire, de vous cultiver, comme on dit.

Alors posons-nous ensemble ces questions, qui, disons-le, sont assez boudées par le grand public : comment sont apparus les restaurants ? Y’en a-t-il qui défient les âges ?

Comment est-ce qu’un gus a eu l’idée de « créer » un restaurant ? Michel Drucker partira-t-il un jour à la retraite ?

Nous voici donc partis pour découvrir les plus vieux restaurants du monde !

 

Petit tour d’horizon de l’histoire des restaurants

vieux resto

Alors faisons un peu d’histoire, messieurs dames. Le mot « restaurant » nous vient du verbe « restaurer » (merci Captain Obvious), qui signifie au XIIème siècle « remettre en état ». Oui, je vous l’accorde, c’est bizarre.

Dès le début du XVIème siècle, le terme « change » afin de désigner un « aliment reconstituant ». Comprenez donc un aliment qui nous cale bien le bidou.

Au milieu du XVIIème siècle, le terme qualifie un « bouillon reconstituant, fait de jus de viande concentré ». Sacré jargon pour parler d’une simple soupe.

Puis enfin, à partir du milieu du XVIIIème siècle, le mot restaurant prend la signification que nous connaissons aujourd’hui, c’est à dire, le lieu qui assure la vente de nourriture. Six siècles pour en arriver là, franchement, chapeau bas. En 10 minutes, mon chien fait le rapprochement. Ils se sont pas foulés les gars.

 

A la recherche du plus vieux restaurant au monde
vieux resto saint peter

Et le titre du plus vieux restaurant au monde revient au… Stiftskeller St.Peter ! Fondé en 803 (je vous laisse calculer, ça fait vieux), il se situe en Autriche, à Salzbourg. Ce resto doit sa renommée à sa cuisine fine, ses plats d’exception et ses grands chefs étoilés. De la viande aux légumes, une chose est sûre, vous allez vous régaler.

Par contre, si vous comptiez y aller, oubliez cette idée : un repas là bas c’est environ un SMIC et une liste d’attente pour réserver de plusieurs mois. Voire même des années.

En même temps, manger dans le même restaurant que Karl Lagerfeld, ça a un prix. Donc du coup, on se fait un Mc Do ?

 

Le Wierzynek à Cracovie, Pologne, depuis 1364

Ce restaurant situé à Cracovie est né d’une demande expresse du Roi de Pologne (à peine exigeant me dirait vous), il y a de cela 650 ans. Il avait pour intention d’organiser un repas pour des têtes couronnés, le gratin de la société, en fait.

La légende raconte que le festin a duré 20 jours et 20 nuits. J’imagine même pas l’état des convives après pareil gueuleton.

Après ça, tisane, aspirine et hop, au lit. Sacripan.

 

Le Zum Franziskaner à Stockholm, Suède, depuis 1421

vieux resto stockholm

Un peu plus « récent », le resto souffle sa 600ème bougie cette année. Ce restaurant suédois a été fondé par des moines. Le bâtiment actuel date de 1906, et ni l’adresse, ni l’enseigne n’ont changé depuis 1421 ! Comme quoi, ils ont visé juste ces moines.

Ce restaurant haut de gamme a été fortement inspiré par les traditions allemandes. De nos jours géré par une équipe composée d’un père et de son fils, ce resto est devenu légendaire aux yeux des touristes : le Zum Franziskaner est extrêmement connu pour ses techniques de brassage, qui demeurent les mêmes depuis sa fondation. Il parait même que la proposition de bière est si conséquente que, même en ayant 3 vies, il serait impossible de toutes les goûter. Et apparemment, elles sont toutes aussi bonnes les unes que les autres.

 

Le Honke Owariya à Kyoto, Japon, depuis 1465

vieux resto japon

Avant d’être le spécialiste des sobas (des nouilles au sarrasin), le Honke était une confiserie. Puis un jour, le patron s’est dit : « Les bonbons c’est bien mais les nouilles c’est mieux, c’est moins gras ». Puis paf, ça fait un resto de sobas.

Cette enseigne se transmet de génération en génération depuis 1700, date à laquelle la famille Inaoka a pris les reine du resto.

Le resto possède une vieille bâtisse traditionnelle tout en bois, ce qui lui donne un charme pittoresque. Il y a une grande pièce avec des tables et des chaises à l’occidentale et une autre aménagée à la japonaise avec des tables basses et des tatamis.

En ce qui concerne la carte, le Honke propose environ 25 recettes de sobas, qui sont présentées aussi bien froides que chaudes, dans un bouillon.

Pour les prix il faut compter entre 800 et 3200 yens (donc entre 669€ et 2678€) pour manger des sobas. Ouais, ça fait cher le bol de nouilles.

Et si vous n’aimez pas les pâtes , il y a aussi quelques recettes de donburi de 800 à 1600 yens et quelques petits plats de 500 à 1500 yens comme des tempuras, de l’omelette ou de la pâte de poisson. Mais bon, vu les prix on repassera.

 

La Tour d’Argent à Paris, France, depuis 1582

Enfin de retour en France ! La Tour d’Argent à Paris existe donc depuis 1582. Henri III et Henry IV avaient même l’habitude de manger régulièrement dans ce resto. C’est d’ailleurs dans cet établissement qu’est apparue la Becquetance, plus connue sous le nom de « Fourchette ». Vous vous coucherez moins bêtes ce soir.

La Tour d’Argent, donc. Il s’agit d’un groupe de huit sociétés dont la maison mère est à Paris, au 15 quai de la Tournelle (situé dans le Vème arrondissement). Parmi les filiales se trouvent la Tour d’Argent de Tokyo, créée en 1985, mais aussi la Rôtisserie du Beaujolais, une épicerie fine aux produits estampillés et des sociétés immobilières.

Environ 50 maîtres d’hôtel et presque autant de serveurs sont aux petits soins pour les 90 couverts en salle et les 50 du salon privatif. Chacun d’entre eux a été formé pour devenir canardier, celui qui réalise devant le client la recette du canard au sang, la spécialité de la maison. Autant vous dire que ça gicle de partout. Ne venez pas dans ce resto en blanc.

Certains maîtres d’hôtel sont même fidèles depuis plus de trente ans à « La Tour », comme on dit dans la maison. Comprenez qu’ils sont là depuis 30 ans.

Célèbre pour l’élégance de sa cuisine, le resto l’est aussi pour sa cave , un véritable dédale de galeries souterraines qui s’étend sur 1 200 mètres carrés. C’est là que sont superposées 420 000 bouteilles de grands crus, dont 18 000 sont consommées et renouvelées chaque année, avec en stock, un Cognac qui date de 1786. Imaginez le prix.

 

Zum Letzten Instanz à Berlin, Allemagne, depuis 1621

Ce restaurant a été construit en 1621 à Berlin, en Allemagne. On raconte même que Beethoven et Napoléon ont, jadis, mangé dans ce resto. Les gens réservent des années à l’avance pour pouvoir manger à leur table. C’est vrai que poser son postérieur là où feu Beethoven l’a posé, ça en jette. Parfait pour pouvoir se la raconter en société.

De plus, le Zum Letzten Instanz ne paie pas de mine à première allure, mais il a derrière lui une sombre histoire. En effet, ses hôtes ont été témoins de la construction du mur de Berlin, puis de sa destruction pendant la guerre. Une fois le conflit terminé, le restaurant a été reconstruit en 1963.

Du coup, ils ont dû changer la table où ces grands homems se sont installés pour festoyer. Les mecs qui rêvent d’aller dans ce resto pour s’asseoir à leur table se font arnaquer en fait, vu qu’en fait, la table n’existe plus. #RT si t’es triste.

 

 

Le White Horse Tavern à Newport, Rhode Island, États-Unis, depuis 1673

vieux resto white horse tavern

Le resto a été fondé en 1673. Ça commence donc à faire un bail.

Nous voici donc aux Etats-Unis avec un resto au nom pour le moins étrange : le White Horse Tavern. Mais il peut s’expliquer (pas comme le menton des frères Bogdanov).

Son nom vient d’une vielle tradition américaine, à l’époque où le taux d’analphabétisme était encore très élevé. La tradition voulait que les tavernes soient représentées par des chevaux blancs. D’où son nom « La Taverne du Cheval Blanc ». Je pense sincèrement que ceux qui ont créé ce resto n’avait pas d’idée, alors ils ont mis ça. Vu que les gens ne savaient pas lire, ça passait crème. Ils n’avaient sans doute pas prévu qu’un jour, tout le monde saurait lire. Perdu.

 

 

À la Petite Chaise à Paris, France, depuis 1680

vieux resto a la petite chaise

Depuis 1680, ce restaurant, qui était un marchand de vin à la base, a cultivé son mythe de par ses invités de prestige. Vidocq (un détective privé) y retrouvait ses indics, Toulouse-Lautrec y usait ses crayons, et l’étudiant François Mitterrand en avait fait son QG, avec ses potos.

Ce resto est devenu l’une des figures cultes de la restauration française à Paris, notamment grâce à sa carte dense et le raffinement de ses plats. La Petit Chaise vous propose, entre autre, une soupe à l’oignon gratinée, un foie gras de canard et son chutney de pommes, un dos de cabillaud vapeur sauce vierge, ou encore un quasi de veau grillé, baigné dans la crème Saint Nectaire.

Tous les plats sont faits à base de produits frais et de saison, évidemment. Aujourd’hui, politiques, littéraires, comédiens et artistes s’y bousculent encore. Peut-être pour y trouver l’inspiration.

 

Le Sobrino de Botín à Madrid, Espagne, depuis 1725

vieux resto sobrino de botin

Ah, l’Espagne. Ses plages de sable fin, ses températures de rêve, cette ambiance caliente, ses tapas, ses restos légendaires… comme le Sobrino de Botín, par exemple.

Officiellement, il s’agirait du restaurant le plus vieux de monde selon le Guinness World Record. Sans doute parce que son service n’a jamais connu d’interruption. Et de 1725 à nos jours, ça fait un paquet d’heures de travail. Chapeau les mecs.

Petite anecdote :  le fondateur de ce resto était en fait le Français Jean Botin. French power. Comme quoi, le Sobrino de Botin est autant espagnol que mon oncle Jean-Hervé, en fait.

 

Le Tavares Rico à Lisbonne, Portugal, depuis 1784

vieux resto tavares rico

Et hop, on finit notre tour du monde des vieux restos au Portugal, avec le Tavares Rico. Réputé pour sa nourriture et pour la qualité de ses plats, (sinon il n’aurait pas tenu plus de 200 ans, logique), le Tavares Rico est aussi souvent recommandé pour la gentillesse de son personnel. Des gens sympas, parait-il, qui vous nourrissent grassement avec le sourire, dans un décor du Second Empire. Ça donne envie.

Par contre, si vous voulez manger dans ce resto, pensez à réserver en avance. Genre maintenant, si vous souhaitez un jour y casser la croûte (je ne rigole pas, le resto est complet sur 3 ans, à l’heure où nous bouclons cet article…).

Mais apparemment, ça vaut le coup d’attendre. Vous nous appellerez quand vous aurez fini votre assiette, en 2048.

En conclusion, pour y aller, mangez des pâtes pendant 10 ans.

 

Ah, et pour Michel Drucker, c’est mort, on l’a eu au téléphone, il animera Vivement Dimanche jusqu’à sa mort.

On espère que ce tour du monde des vieux restos vous aura plu !

Et vous, dans lequel de ces vieux restaurants aimeriez-vous manger ?

A la prochaine les Fetcheurs !